Les différents formats de papier expliqués

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Dans le monde du papier, on se trouve souvent face à un très large choix de formats. C’est souvent le premier critère dans la sélection de son support. Certaines dimensions nous semblent familières (la famille des A) et d’autres peut-être plus mystérieuses. On vous explique pourquoi.

Le format d'une feuille de papier indique ses dimensions, où le côté le plus court est la largeur et le côté le plus long est la longueur, généralement exprimée en centimètres en France. Il existe deux orientations courantes pour les feuilles : le format à la française (en portrait) et le format à l'italienne (en paysage).

Avant le XVIIIe siècle

Source : BnF, 1662, Georg Andreas Böckler

Autrefois, les papetiers découpaient leurs feuilles selon les formats qui se vendaient le mieux, sans suivre de normes spécifiques.

Ce n'est qu'au XVIIe siècle que l'on a commencé à voir apparaître un contrôle des formats de papier, avec une cinquantaine de formats différents en circulation.
Certains noms de formats sont parvenus jusqu'à nous, tels que le format Raisin (50 x 65 cm), Jésus (56 x 76 cm) et Univers (100 x 130 cm), tandis que d'autres formats sont tombés en désuétude.

Aux origines du format A : entre Carnot, la Révolution et la normalisation moderne

L’histoire du format A0, tel que nous l’utilisons aujourd’hui, remonte plus loin qu’on ne le pense. En 1786, le mathématicien, physicien et homme politique Lazare Carnot réfléchit à un système rationnel de formats de papier. Son objectif est avant tout pratique : définir des dimensions permettant de calculer facilement la surface d’une feuille afin de simplifier… sa taxation ! À cette époque, les formats de papier sont encore très variés, sans réelle standardisation, et l’administration cherche à uniformiser les pratiques.

Quelques années plus tard, la Révolution française apporte un outil décisif : le système métrique, adopté officiellement en 1795. On imagine alors des formats de papier directement liés à cette nouvelle unité universelle. L’idée d’un format de base correspondant à 1 m² s’inscrit parfaitement dans cette logique de rationalisation. Toutefois, cette proposition ne débouche pas immédiatement sur une norme appliquée à grande échelle.

Il faudra attendre le XXᵉ siècle pour voir apparaître la série A telle que nous la connaissons. En 1922, en Allemagne, le Dr Walter Porstmann met au point la norme DIN 476, reprise ensuite comme norme internationale ISO 216. Sa grande originalité est de reposer sur un ratio constant de √2 entre la longueur et la largeur : ainsi, lorsqu’on plie ou découpe une feuille en deux, on conserve exactement la même proportion. Ce système ingénieux permet des agrandissements et réductions simples, que ce soit en imprimerie, en photocopie ou dans les Beaux-Arts.

Aujourd’hui, le format A4 (21 × 29,7 cm) est devenu un standard mondial, utilisé dans la vie quotidienne comme dans l’administration. Mais il est intéressant de se rappeler que derrière ce format apparemment banal se cache une histoire riche, à la croisée des préoccupations scientifiques, fiscales et pratiques, qui commence avec Carnot et trouve son aboutissement dans la modernité du XXᵉ siècle.

Les formats de papier de série A

Derrière chaque format se cache une logique et une histoire, mais c’est surtout l’usage que vous en faites qui lui donne vie. Alors, à vous de choisir la dimension qui correspond à vos besoins : carnet de notes, dessin grand format ou support d’impression… le papier s’adapte à toutes vos envies.

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